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Accueil => Actualités => Discussion démarrée par: admin le 13 Mars 2009 à 23:17:06

Titre: Invasives!
Posté par: admin le 13 Mars 2009 à 23:17:06
Voix de la terre-sillon belge-5.X.2007

Camille THIRION

Espèces envahissantes

Quand on parle d'espèces envahissantes, il faut séparer les espèces introduites ou réintroduites de
celles s'implantant spontanément chez nous, à la faveur des changements climatiques, par exemple!

Renouée, balsamine, berce, séneçon, buddleia, colonisent, chacune selon ses exigences, fossés, talus de
chemin fer, grands travaux, remblais de carrière, friches, rives malmenées, gravières, ou terrils... Tous ces
lieux sont le résultat d'une manipulation ou d'une dégradation dues aux activités humaines. Qui est
l'agresseur?

N'est-ce pas aussi en réduisant les espaces naturels dédiés aux espèces autochtones, par des travaux
superflus, que les espèces envahissantes se concentrent alors dans ces milieux dégradés?

Certains disent: les buddleias (arbres à papillons) nuisent à la flore tapissante des pelouses sèches. Mais quand le buddleia se feuille, les plantes tapissantes terminent déjà
leur cycle végétatif, à cause de la chaleur régnant au sol! Et le robinier, que d'autres voudraient pousser sur les pieds de terrils, quel bon miel les abeilles en tirent!

Phragmite, jonc des chaisiers, massette, rubanier, glycérie, potamot et aulne ont disparu à cause de
la gestion catastrophique des rives par le MET. Cela fait 50 ans que le
pêcheur attentif le constate; ils n'ont pas attendu la venue des espèces envahissantes pour disparaître!

La balsamine de l'Himalaya couvre les surfaces anciennement colonisées par les orties sur les rives
de l'Ourthe, orties résultant des apports de nitrate des cultures de maïs
du bassin versant ou des rejets des élevages industriels ou des infrastructures touristiques qui ne respectent pas les normes imposées!
Qui donc crée les situations favorables à l'implantation des espèces
envahissantes?

Si on y regarde de près, combien de plantes communes de notre flore sont arrivées chez nous par les déplacements, les explorations, les changements climatiques? Le rythme est certes plus rapide actuellement, et ce n'est pas fini, à cause des bouleversements climatiques ou des déplacements lointains.

Combien de blattes exotiques, de reines de fourmis, transitent dans les bagages des vacanciers? Combien
de guêpes, d'araignées, de longicornes, de bruches dans les produits importés?

Certaines de mes connaissances, intriguées par mes prises de position, se sont mises à observer ces
plantes exotiques. Force leur est de constater qu'elles ont bel et bien déjà leur cortège de visiteurs parmi les insectes ou les oiseaux vivant dans nos régions!

La renouée est l'amie de la rousserolle, par exemple. Le bourdon champêtre n'a plus guère que les
balsamines de l'Himalaya pour nourrir ses larves à l'arrière-saison, les autres plantes étant pulvérisées
à l'herbicide en culture ou rasées sur les talus; de même, le séneçon d'Afrique du Sud nourrit quantité
d'hyménoptères et de syrphes à l'arrière-saison.

Camille THIRION