Bienvenue sur le forum de Camille Thirion
26 Mars 2019 à 09:03:21 *
Bienvenue, Invité. Veuillez vous connecter ou vous inscrire.

Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session
Nouvelles: Nouveau forum CTHIRION installé !
 
   Accueil   Aide Rechercher Identifiez-vous Inscrivez-vous  
Pages: [1]
  Imprimer  
Auteur Fil de discussion: Terrils!  (Lu 1393 fois)
admin
Administrateur
Membre Héroïque
*****
Messages: 804


Voir le profil
« le: 26 Août 2015 à 09:16:14 »

Inventaire faunique : les terrils
Mon forum !

Un récent article dans la revue Parcs et Réserves, Ardenne et Gaume, 2015, premier trimestre, p.8-15, m ’interpelle. De C.Bauffe, F.Stocman,M.Derume : Sept années d’inventaires du potentiel biologique des terrils du bassin minier franco-wallon !

Comment peut-on classer des terrils et orienter leur gestion au départ de ces échantillonnages standardisés ?
De ma longue expérience, plus d’un demi siècle de côtoiement, je me suis rendue compte de l’inanité de cette démarche d’évaluation un peu partout.
Je suis allée sur des MAE quelques jours après le passage d’équipe qui appliquait cette méthode, en une heure, rien que pour les papillons diurnes, j’obtenais près de 30% d’espèces en sus. La même observation lors de pêches électriques, ici tant sur le plan des tailles des poissons prélevés que de la diversité des espèces.
On sait que l’innocence d’un néophyte permet de mieux connaître la faune d’un site simplement parce qu’il chasse à l’aveugle c.à.d. sans préjugés.

Comment peut-on évaluer la richesse ou la biodiversité d’un terril par des groupes tels que Coccinelles, Odonates, Papillons, Orthoptères alors que les Hyménoptères sont bien plus bio-indicateurs de ces terrils ?

Si l’on connaît la présence d’eau, la granulométrie, la couverture du sol, l’exposition ……on peut en déduire les associations que l’on risque de rencontrer !

Dans cet article, on cite plusieurs espèces d’Orthoptères remarquables sur ces terrils, bon, on les trouve aussi dans des carrières, le long des voies de chemin de fer, ou dans le Camp militaire de Marche.

Là où je ne suis pas d’accord, c’est quand on promeut cette méthodologie comme une référence : pour qui réfléchit un tant soit peu, on ne peut, il comprendra que le simple effort de recherche par groupe faunique est une hérésie !
Chaque groupe nécessite une approche différente, dans le temps et dans l’espace alors pour homogénéiser cela…bon courage, on n’est pas dans le végétal ici !

Comment considérer comme un bon bio indicateur un batracien ou un reptile, une Odonate, il y a de l’eau ou pas, des espaces dénudés chauds ou pas.
Quand aux macro-coccinelles, elles ont à manger (pucerons souvent) ou pas, des lieux pour s’abriter en hiver ou pas, alors comme bio-indicateurs, j’ai tout cela dans mon jardin ou mon grenier !
Ces groupes ne permettent même pas de caractériser un terril au sens large!

J’ai regardé A.Remacle, inventorier des carrières ou des sablières, je ne l’ai jamais vue faire un échantillonnage standardisé, elle qui avait un œil exercé, elle savait que c’était le meilleur moyen de passer à côté des espèces remarquables.
Quand au piégeage, il faut différents types  pour caractériser un site ou une station.

Tout ceci pour dire que l’on ne peut estimer la biodiversité  avec pareille approche.
Et je continue à regarder un endroit comme l’association d’espèces banales ou remarquables, inféodées ou non à ce type de milieu et je me refuse à comparer par exemple divers terrils entre eux. Quand on a un inventaire floristique, les milieux intéressants, même d’essences diverses apparaissent de suite.

Mais, où je m’insurge, c’est quant on veut appliquer cette méthodologie à des PCDN, j’ai participé à des discussions de PCDN, les naturalistes amateurs mêmes motivés n’ont pas la vue globale d’un potentiel biologique.
OFHH encode toutes les données recueillies, il faut que naturalistes soient bien encadrés pour que cela ait un sens….je suis naturaliste amateur pour d’autres groupes que mes groupes où je suis considérée comme expert, je sais ce que cela représente comme risque d’erreurs. Et quid des autorisations d’inventaires ou de captures dans ce cas ?
Comment établir un classement des terrils, caractéristiques différentes, faune et flore différentes et sans doute complémentaires ?
Quant aux méthodes de gestion qui découlent des inventaires, c’est toujours un choix délibéré. Pourquoi des bouleaux, des robiniers, une mare auraient-ils plus ou moins d’intérêts ?
Le comble, c’est la lutte contre le Séneçon du Cap, c’est une espèce localisée à certains milieux plutôt thermophiles, elle offre provende très tôt  et très tard pour les Hyménoptères ou les Syrphes ou les papillons prêts à hiverner. Je ne vois pas le risque d’invasion : elle peu abonder quelques années de suite et disparaître tout aussi subitement.
Quelle hargne aussi, à force de copier nos voisins, notre manque d’imagination nous fait appliquer leurs recettes chez nous alors que le risque du caractère invasif est bien moindre, en exemple : les Buddleias ou le robinier!
Comment oser parler, même hors terrils, en général d’entraves naturelles ou anthropiques à la circulation des espèces, force nous est de constater que les nouveaux milieux issus de la main de l’homme sont les plus riches, carrières, sablières, friches, déblais, terrils!
Je suis aussi très sceptique quant au maillage écologique forcé, j’en ai vu des couloirs aménagés à coups de billets, alors que l’espèce à attirer n’y venait pas et qu’elle abondait à quelques centaines de mètres de là spontanément dans une coupe à blanc: Melreux, en Champagne, damier de la succise.

Pour l’intérêt touristique, une seule règle chacun chez soi, un quad couvert de boue, un paint ball , ce ne sont pas des amateurs de Nature, de plus ils éloignent les vrais amateurs de Nature. Les chiens devraient être sous contrôle.

Le busard des roseaux, le hamster, je viens de les découvrir en pleine Hesbaye en cultures intensives….espèces remarquables, tout est relatif !

En toute sincérité, je crains que cette approche nous conduise à nous croire que nous pouvons être le régulateur suprême  et que nous détenons des arguments pour agir: j’en ai vu des milieux riches saccagés de la main de l’homme, la Fange de Mochamps, la Montagne noire entre autres, des coins de Furfooz, des tronçons de cours d’eau,…!

Camille
« Dernière édition: 17 Juin 2018 à 20:59:53 par admin » Journalisée
Pages: [1]
  Imprimer  
 
Aller à:  

Propulsé par MySQL Propulsé par PHP Powered by SMF 1.1.13 | SMF © 2006-2008, Simple Machines LLC XHTML 1.0 Transitionnel valide ! CSS valide !