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Auteur Fil de discussion: Munninx et le fromage de Herve  (Lu 1185 fois)
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« le: 22 Août 2015 à 21:32:01 »


Munnix et le fromage de Herve!  SB,


José Munnix, producteur de fromages de Herve au lait cru a jeté l’éponge, à la suite de la découverte de la bactérie Listeria dans une de ses productions.
Personnellement, j’ai connu son fils, Stéphane Munnix junior, à la faculté de Gembloux.  Malgré la trentaine d’années qui nous séparait, nous partagions les mêmes valeurs. Venu de l’école de La Reid, il avait réussi la première candidature en première session. Mais en seconde candidature, il est venu me trouver, il m’annonça qu’il quittait la faculté, car il ne partageait pas les valeurs des étudiants de sa génération. Gembloux commençait «à ratisser large». L’arrivée des «agronomes de trottoir» bousculait les traditions et les valeurs des étudiants issus du monde rural. Malgré mon insistance et celle d’autres profs, il ne changea pas d’opinion, et il est reparti à La Reid pour y étudier l’économie rurale.
C’était un étudiant brillant, aux multiples activités, il était polyglotte, aussi doué pour la philo que pour l’agronomie. Cela m’attristait de voir ce potentiel sous-exploité. Un de ses oncles, ingénieur civil, avait mis au point un logiciel pour la sélection des bovins. C’est dire si cette famille est avide de progrès! Munnix Junior m’a revu à plus d’une reprise par la suite, et comme j’insistais pour qu’il reprenne l’exploitation, sa réponse était lapidaire: «Non! Si tu voyais les contrôles tracassiers et chipoteurs que mon père doit endurer de la part de gens qui n’ont aucune réalité du métier!»
Je raconte cette tranche de vie pour montrer que la famille Munnix, attachée à de vraies valeurs, est au-dessus de tout soupçon, à mes yeux, quant aux approches du métier et à la tenue de leur exploitation.
A présent, soyons très pratique: l’Afsca sait-elle que plus l’hygiène est stricte, plus on favorise les mauvaises bactéries, les bactéries «hard»?
Des études ont prouvé que les bactéries banales sont plus sensibles aux désinfectants mais ont aussi un fort potentiel de multiplication. Les bactéries «hard» présentent souvent des cas de résistance aux désinfectants mais se multiplient plus lentement. On a aussi découvert que les deux groupes peuvent s’hybrider, de sorte que les bactéries «hard» acquièrent les potentiels de reproduction élevés des bactéries banales, tout en restant plus difficiles à détruire.
C’est ainsi que nous connaissons le problème des maladies nosocomiales dans les hôpitaux et homes. Le même phénomène se présente chez des restaurateurs, dans des communautés, des entreprises agro-alimentaires.
Personnellement, j’en ai mangé de délicieux fromages de chèvre, traites à même le corral, élaborés au sein de la bergerie en montagne et descendus au marché local; ceux de vache, élaborés au coin du fourneau, et à part une fois, si mes souvenirs sont encore entiers, je n’ai jamais connu de troubles dus à leur consommation.
Ma mère, qui travaillait dans la restauration, regardait les reportages sur les contrôles dans les restaurants, et elle me disait, consternée: «Chez moi, ils ne rentreraient pas, au vu de leur tenue!»
Je crois que nous allons vivre dans un monde sans saveur. Que dois-je ajouter? Elle est bien triste, cette histoire…

Bon courage, José, vous avez réussi tant de belles choses, même votre fils, et je suis sûre que je ne suis pas seule à le penser!


Camille




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