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Auteur Fil de discussion: Pêcheurs et martins-pêcheurs  (Lu 2670 fois)
admin
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« le: 14 Mars 2009 à 22:24:23 »

   Cà alors, je viens de lire dans diverses publications que les pêcheurs était une cause parmi d’autres de la régression de cet hôte nicheur remarquable de nos rives!

D’abord, je me demande si les observateurs sont aussi futés que cet oiseau ?
Quand il ne trouve pas les conditions de nidification sur le cours d’eau principal, il se réfugie sur les berges des affluents ainsi à Haute-Flône, Meuse canalisée, en aval de Huy, il remonte vers le Fond d’Oxhe.  Des pêcheurs, il n’y en a jamais eu aussi peu et d’aussi grégaires !  En effet, les conditions d’accès et de parkings sur les rives font que les pêcheurs s’agglomèrent tous dans les mêmes lieux et surtout les pêcheurs au coup, limitant l’éparpillement de leurs impacts.  Autrefois, on ne parlait pas des pêcheurs comme d’une menace sur ce magnifique volatile malgré le nombre plus élevé de détenteurs de permis !
Cet oiseau rutilant a des ressources insoupçonnées, ainsi en Zone A de l’aéroport de Bierset, il profite de la désertion du coin pour venir pêcher, dans les pièces d’eau de jardins laissés à l’abandon !  L’un deux m’a frôlé de si près que j’ai perçu le déplacement d’air à son passage.

Le professeur R. Libois dans un article des Réserves naturelles et Ornithologiques de Belgique paru en juin 1991 écrit :  «  Bien souvent, les pêcheurs ne se rendent pas compte du dérangement qu’ils occasionnent.  J’en ai entendu plus d’un, installé à proximité immédiate d’un nid, déclarer : les martins–pêcheurs, je ne les dérange pas, monsieur, je les vois tout le temps passer près de moi.  Mais que pèsent ces quelques boules de plumes face aux millions coulés dans le béton et au contenu d’une bourriche de pêcheur »  Malgré que je pêche sans bourriche, je partage l’avis des pêcheurs qu’il a rencontrés et qui témoignent de l’activité du martin-pêcheur à proximité de leur poste de pêche durant la nidification.  Je me rappelle avoir pêché des heures avec lui, perché à quelques mètres de mon poste sur un aulne déraciné, il plongeait à côté de mon flotteur sans vergogne, guettant parfois mon vif frétillant et regagnait son nid avec sa provende à quelques pas de moi.  J’ai vécu aussi ce plaisir avec un grèbe castagneux.
Pour ce qui est de l’implantation des « planchers », même s’il y a obligation de les retirer en période hivernale, ils ne résisteront pas aux crues estivales, pas si rares, s’ils sont implantés dans des zones de nidification du martin-pêcheur, les nuisances de ce type sont plus qu’anecdotiques de même que le dénichage.

Je viens de retourner sur mes postes de pêche que j’avais délaissés quelques années pour raisons familiales, partout, je l’ai revu (vallée de l’Ourthe ou de la Semois, de la Meuse, étangs, pêcheries, piscicultures), j’ai demandé aux trop rares disciples de Saint-Pierre, s’ils en voyaient, tous m’ont dit que oui !  Je n’ai donc pas l’impression de le voir moins qu’autrefois même en Meuse endiguée!.  Je l’ai aussi vu faire ses allées et venues en longeant ou contournant des cohortes de kayaks

   Par contre, je crois qu’il souffre bien plus, de l’enrochement, du gabionage, des rectifications qui sont systématiquement mis en œuvre là où il niche, dans les anses érodées, les berges hautes, là aussi où systématiquement, on enlève les obstacles naturels qui cachaient son nid des regards indiscrets de prédateurs ou qui lui servaient de poste d’affûts:  arbres déracinés, basculés, échoués.  Il faut aussi noter que la végétation rivulaire à branches très inclinées qu’il affectionne comme poste de pêche lui font de plus en plus défaut !  Les vaches, qui piétinent les bords depuis toujours, me semblent un facteur très mineur bien que souvent évoqué.  J’ajouterai que les abreuvoirs, si décriés, dans le lit du cours d’eau, lieu de rassemblement de nombreux alevins où il guette ses proies depuis les piquets de clôtures fichés dans le lit, me semblent lui être plutôt profitables d’après mes observations.

Se pose-t-on, la question de l’impact d’un rassemblement de deux ou trois milles cyclistes sur un chemin de halage « Ravel », tout au long d’une journée, au moment de la nidification ou des passages incessants de ceux-ci en bordure des grandes villes touristiques le long des cours d’eau !  Allez jeter un coup d’œil entre Petit-Han et Durbuy où il nichait autrefois en compagnie de nombreuses hirondelles de rivages ou de cincles sous le regard attendri des confrères de ma génération………… !

   A vouloir défendre les hôtes de la Nature avec certains arguments mesquins, peu nuancés ou disproportionnés, je crains que l’on nuise à la défense de sa cause !  Ici encore, les intérêts des protecteurs de l’avifaune sont convergents avec les nôtres !

                              
Camille THIRION
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