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Auteur Fil de discussion: Inventaires naturalistes : difficultés et suggestions!  (Lu 18203 fois)
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« le: 29 Janvier 2009 à 15:16:13 »

A vous Naturalistes,

La mise en pratique, en Belgique, des diverses législations concernant les inventaires naturalistes m’interpelle!
Entrave à la bonne connaissance des milieux ou des espèces, elles ne me semblent pas aboutir à une meilleure sauvegarde de la Nature!
Je voudrais  rassembler des témoignages fiables sur l'application de ces législations, qu’il s’agisse de problèmes de circulation, de prélèvements ou d’obtention d'autorisations, de refus d'accès pour des excursions entomologiques!

Qui oserait avouer une capture nécessaire à l’identification d’une espèce  en provenance d’une réserve, sa mise en collection éventuelle, son observation? Je pense aussi aux jeunes naturalistes qui rencontrent des difficultés à s’initier dans leur apprentissage même dans le cadre d’exigences scolaires.


Aucune distinction de ma part entre institutions, administrations, amateurs, professionnels, entre la problématique des réserves à statuts divers, sous Natura 2000, la forêt publique ou privée ou d’autres milieux ruraux ou industriels sans statuts particuliers, chacun d’entre nous peut être concerné !

Plusieurs experts m’ont avoué ne plus pouvoir travailler efficacement en Belgique, les articles sur la faune belge deviennent rares!
Les demandes d’autorisations de prélèvements ou  d’études tournent au cauchemar même pour les plus chevronnés d’entre nous et je ne parlerai pas des formulaires à remplir pour mettre en collection un insecte protégé trouvé mort.
L’historique de la faune ou de la flore de Belgique va connaître des lacunes de plus en plus graves si de plus en plus de naturalistes renoncent à étudier ses composantes !


Pour estimer la biodiversité, nous avons tous des approches différentes selon les groupes étudiés, ces approches peuvent être complémentaires!
A l’heure actuelle, les différentes approches, le tout à l’observation, le tout à la photo ou le prélèvement ont une fâcheuse tendance à s’exclure, mettant en danger des pans entiers de l’étude de la biodiversité : ces exclusions engendrent la prise de mesure de gestion inadéquate ou la sélection de quelques types de milieux privilégiés au détriment d’autres !
Les fascicules «  Etat de l’environnement wallon » sur l’entomologie ne reposent quasi plus que sur l’observation, orientant ainsi les mesures de protection ou de gestion des milieux seulement pour les groupes concernés par l’observation : Odonates, Orthoptères, Coléoptères saproxylophages ou coccinelles, carabes, Lépidoptères,.....  !
En effet, les groupes d'insectes qui permettent l’identification sur le terrain sont attachés à des milieux particuliers et on ne prend quasi plus en considération que les pelouses sèches ou les milieux humides, les vieilles forêts!
Faut-il rappeler aussi qu'en cas d'erreur d'identification, la photographie ou l'observation ne permettent aucune vérification à long terme sur les données!

Ainsi au Conseil supérieur wallon de la Conservation de la Nature, les problèmes des naturalistes qui ne pratiquent pas le « no kill » ne suscitent que peu d'attention. Sur le terrain, ils sont l’objet de tracasseries administratives,de poursuites pénales, de confiscation de matériel ou d'abus de pouvoir.

Il est aussi aberrant que des naturalistes "contributeurs" d'un classement, se voient parfois privés de la possibilité de suivre l’évolution de la flore, de la faune ou la protection des habitats qu’ils ont permis de sauver sous le prétexte que pour identifier les espèces de certains groupes, ils doivent prélever des spécimens sur le terrain!

Ne pourrions-nous nous pas nous rassembler pour dénoncer les dérives dans l’application des diverses législations concernant les inventaires et les répercussions qui en découlent pour le maintien de la biodiversité  ou sa connaissance?
Si vous avez des confrères que le sujet préoccupe, aidez à la diffusion de cette enquête qui fera l’objet d’une synthèse dans un avenir proche !
Si vous entrevoyez des pistes pour améliorer la situation actuelle, n'hésitez pas à m'en faire part!

Camille Thirion


Réponse et suggestion, ici ou apocrites@cthirion.com
ou Camille Thirion
68, rue de Warfusée,
B-4400 Awirs



« Dernière édition: 02 Février 2009 à 15:16:57 par admin » Journalisée
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« Répondre #1 le: 29 Janvier 2009 à 15:28:27 »

Voici la réponse de J.L. RENNESON  (Marbehan) à mon avant-projet de texte:

A l'heure actuelle, souvent , ce sont souvent des entomologistes amateurs qui font des
recherches fondamentales sur les inventaires des espèces de Belgique et leur écologie,
 cela devrait être mis en évidence et soutenu. Ils rencontrent pas mal de difficultés dans leur tâche.
 
 La nécessité d'échantillonage permettant des déterminations
 correctes, des révisions par la suite et la conservation de matériel de référence et de comparaison devrait être admise.
 
 Il est également nécessaire de former des jeunes car la relève n'est guère assurée selon moi.

Il y a une nécessité absolue de réviser les textes de loi en ce qui
concerne les espèces protégées, car non seulement ceux-ci manquent
complètement l'objectif de protection des habitats, mais permettent
également à une certaine autorité (conservateur de réserves, agent de surveillance dépendant de divers ministères) d'abuser de leur
pouvoir.
 
Il serait également utile de redonner une image positive des entomologistes auprès du grand public, la caricature de l'entomologiste en short au casque colonial armé de son filet est dépassée!
 
 Essayer de faire comprendre aux propriétaires et gestionnaires de RN
 qu'en matière d'insectes, il n'y pas que les papillons(de jour) et que
 dans les RN, aussi il est indispensable de faire de recherches sur d'autres groupes.
 
Le terme "collectionneur" devrait être banni des discussions, car cela n'apporte rien de positif. J'ai souvent entendu dire de telle ou telle personne : c'est un "collectionneur", quels sont les critères, et a-t-on le droit de cataloguer ainsi les gens?

Voilà je pense que c'est déjà pas mal pour l'instant.
Tu me diras ce que tu en penses.

 Jean-Luc[/left]
« Dernière édition: 03 Février 2009 à 15:15:26 par admin » Journalisée
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« Répondre #2 le: 03 Février 2009 à 15:16:33 »

J.-L. Renneson, 03.02.09
Salut Camille,

Je suis 100 % d'accord avec ton texte !
J'espère que tu auras beaucoup de réactions...et que cela va susciter un vrai débat ouvert

A bientôt

JEAN-LUC


« Dernière édition: 04 Février 2009 à 16:39:23 par admin » Journalisée
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« Répondre #3 le: 04 Février 2009 à 16:30:57 »

Réaction de Guy Boosten-Ath, 02/02/09

Félicitations !!! Et bravo.

Hier, j'ai rentré les deux formulaires de dérogation comme exécutant de l'IRSCNB en soulignant avec critiques  toutes les absurdidés : taxidermiste, malade, handicapé, perturber un insecte etc. 1 spécimen par espèce, les noms des espèces recherchées etc. Par courriel, les examinateurs des déros avant le CSWCN , m'avaient promis de modifier les textes... C'était mi 2008!
Dans un premier temps,je vais répondre dans ton texte pour lancer la réflexion avec des exemples concrets.

Je pense que les problèmes sont différents en Flandre. Je vais consulter mes collègues. Pour les Carabes actuellement en RW (voir site biodiversité RW vide= en rénovation!: l'Atlas des papillons par l'observation)...de Flandre, car je viens d'être consulté sur des localisations RW où il est aujourd'hui interdit d'inventorier sans passer sous les "Fourches caudines" !
Je communique ton message aux spécialistes de Scolytes. Ils doivent se cacher ! Pour les Scolytes ?

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« Répondre #4 le: 04 Février 2009 à 16:33:47 »

Réponse de Damien Rouvroy (Natura 2000)-Marloie, 02/02/09

Bonjour Camille,
 
C'est effectivement un problème dont je n'ai pas conscience à priori, préférant personnellement les photos par goût personnel.  Mais je ne fais pas d'inventaires au sens biologique du terme, il est vrai.
 
C'est à la centrale et au CSWCN de se prononcer, mais pourquoi ne pas envisager une autorisation personnelle, de durée limitée renouvellable, portant sur la destruction à vocation d'analyse de groupes bien déterminés et en quantités très limitées ?
 
A méditer...
 
Damien
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« Répondre #5 le: 04 Février 2009 à 16:38:47 »

Extrait de la réponse de J.-P. Ledant -consultant en écologie (Bruxelles), 3/02/09

 L'impact plus lointain que je crains, c'est que plus personne ne s'intéressera à ce qu'on aura voulu protéger, et que tout cela s'en ira donc dans l'indifférence, sous l'effet de pressions environnementales bien plus dommageables que des prélèvements modestes et ciblés.
« Dernière édition: 04 Février 2009 à 16:43:14 par admin » Journalisée
chryso
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« Répondre #6 le: 05 Février 2009 à 18:11:33 »

Bonjour à vous tous.

Tout d'abord, merci à Camille de bien vouloir héberger cette discussion.
Je prends le clavier pour vous joindre au travers de ce forum pour exprimer mon espoir de participer à un échange non polémique sur des situations vécues et à propos de tracasseries qui permette de déboucher sur une proposition d'avis à destination des responsables de la CN. Ils en ont besoin. Cf remarque de Marc Dufrêne.
Cependant, ne nous emballons pas. La LCN est bonne dans son ensemble.
Il y a tout de même que la sensibilité de ceux qui ont pondu les textes est un peu différente de celle des naturalistes de terrain, amateurs ou professionnels, participant à l'oeuvre commune de surveillance de la faune et de la flore de nos régions. Ils ont pensé Conservation plutôt que Protection. Cela veut dire, mise sous cloche, en empêchant par la même occasion, les moteurs qui ont mis les espèces en place.  Ainsi, pourquoi refuser sans discuter, sans relativiser, sans raisonner, un permis d'exploiter à un carrier alors que c'est son exploitation qui a permis aux orchidées et autres bijoux de se trouver là.
Dans de nombreux cas, cette même vision des choses empêche la simple mise en place de la dynamique naturelle des écosystèmes. C'est contre Nature.
Et donc, en 1, ne rejettons pas tout en bloc, il y a beaucoup de bonnes choses dans cette LCN...même si pour le moment, nous sommes dans l'impasse !

En 2, je voudrais encourager les copains qui se manifesteront à avoir un discours positif plutôt que de ressasser les disfonctionnements à longueur de mail.
Nous voulons tous améliorer les choses. Voyons comment faire dans la mesure de ce qui est correct, politiquement, légalement, socialement, scientifiquement correct.
Voyons comment adapter à la pratique de l'entomologie (mais peut-être aussi d'autres disciplines) les textes et procédures qui existent pour l'instant.
Je pense aussi qu'il serait bon de voir comment nos voisins européens s'en sortent, pas pour faire comme eux mais pour savoir d'où vient le vent, et éventuellement trouver des solutions....

Bien sûr, il y a des absurdités et des non-sens évidents. Nous pouvons en faire l'inventaire et essayer de comprendre pourquoi on en est arriver à ces situations absurdes...et essayons de corriger.

Bref, soyons constructifs...

Ceci est ma première contribution. En général, je ne m'exprime pas sur les forum mais là, je sens une importance capitale à nous rassembler, non pas pour préserver notre plaisir d'exercer ces activités en pleine nature et à jouir de menus privilèges mais bien pour que la CONNAISSANCE des choses contribue à sauver, maintenir ou améliorer ce qui nous reste de naturalité en RW. L'état de conservation de nos territoire est bien souvent atteint, quand il n'est pas lamentable dans certains sites. Il est urgent que les bénévoles éclairés (en entomologie notamment) donnent un coup de pouce à NATURA 2000 et à ses quelques agents.

Gardons notre calme mais travaillons.

Jean dit Biloulou dit Chryso
« Dernière édition: 05 Février 2009 à 19:34:46 par admin » Journalisée
yvan
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« Répondre #7 le: 16 Février 2009 à 08:45:34 »

bonjour à tous,

Je suis globalement sur la même longueur d'onde que les autres intervenants.
Je rajouterai une chose: je remarque depuis quelques années que l'idée selon laquelle il est possible de faire des inventaires sur base de seules observations ou de photos (donc sans capture) est possible.  Bien sûr rien de plus faux, cela ne s'applique qu'à certains groupes, et encore.  Il y a donc là un enjeu concernant l'éducation des décideurs à ce propos et je pense que cela prendra du temps!  Mais comme le dis Jean, il faut être positif et aller de l'avant!

Yvan
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« Répondre #8 le: 16 Février 2009 à 12:33:16 »

Réponse deJacques STEIN (7 février 08)

J'ai eu l'occasion de pratiquer les réglementations évoquées durant de nombreuses années.
Elles ont sur les mentalités actuelles plusieurs années de retard. J'ai toujours eu dans l'idée que les réglementations, c'est fait pour les "méchants"; hélas tout le monde en "profite"!
Je n'ai jamais non plus beaucoup apprécié que le CSWCN passe autant de temps sur les dérogations, voir n'a que cela à son ordre du jour parfois.
Pour les habitats, on fait confiance aux associations : réserve naturelle, csis, etc...
Je crois qu'on pourrait faire de même pour les espèces. Les infos dont on dispose viennent en général soit des "scientifiques", soit des "amateurs" et bien plus souvent de ces derniers d'ailleurs. L'idéal serait donc d'accorder aux associations (ou à des labos universitaires ou de cycle supérieur) une reconnaissance qui leur permettrait de délivrer elles-mêmes les dérogations à leurs membres. Seule, la reconnaissance de l'assoc. serait soumise à l'avis du CSWCN qui serait ainsi libéré au profit de tâches plus utiles. Et les associations géreraient, avec rapport régulier sur leurs activités, les dérogations en question. Cela devrait permettre d'isoler les "collectionneurs" aigus et lucratifs.
En ce qui concerne les insectes, les entomologistes du CSWCN ont tjs dit que le prélévement effectué a peu (ou pas) d'impact sur les populations et je suis assez d'accord avec cette façon de voir. Tout dépend tjs du contexte, de l'espèce prélevée, etc...

Bonne journée

J.STEIN


Jacques STEIN
Ingénieur des Eaux et Forêts
Docteur en Sciences Agronomiques
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« Répondre #9 le: 16 Février 2009 à 13:06:53 »

Voici un exemple concret pour illustrer cette problématique des inventaires !
Permettez que je respecte l’anonymat de cet entomologiste reconnu pour son expertise !

« Madame,

Je sollicite par la présente l’examen de ma demande concernant l’obtention d’une dérogation visant à récolter des Coléoptères de la famille des ……en Région Wallonne.

Je pense que cette dérogation pourrait prouver ma bonne foi auprès des autorités.
L’étude des impacts des attaques de ces insectes ravageurs pourrait évidemment se révéler fort intéressante, la répartition des X espèces en la Région Wallonne ainsi que la détection des espèces nouvelles aussi.

Vous trouverez en pièces jointes les formulaires complétés ainsi que 3 annexes prouvant le bien-fondé de ma demande. »

Réponse :

Très heureux de recevoir votre courrier. Je le tiens en bonne place.

Sous réserve de vérification, je ne pense pas que les ….. figurent parmi les différentes listes d’espèces protégées au sein de la CE ou de la RW.
Et donc je ne suis pas certain qu’il faille demander une dérogation de capture et de mise en collection puisque, d’autre part, il s’agit de prélever les individus dans les Forêt domaniales.
Le statut de domanial identifie le propriétaire des lieux et non le statut de protection du territoire.
Il ne s’agit ni de Réserve naturelle, ni de Réserve forestière…mais attention, une forêt domaniale peut aussi être couverte par un statut de protection particulier (ZHIB par exemple).
Par contre, comme vous le feriez auprès d’un propriétaire particulier, il vous faudra demander au DNF (dans chaque Cantonnement ou Centre de Direction concerné) une dérogation à la circulation sur les voieries du Domaine forestier et une autre dérogation pour pouvoir sortir des chemins et prospecter dans les parcelles. Vous aurez aussi à vous enquérir des modalités de fréquentation des Forêts domaniales auprès du DNF (jours et heures) et à prévenir de chacune de vos visites les Agents concernés. Enfin, le résultat de vos trouvailles, que je vous souhaite nombreuses et fructueuses, devra parvenir aussi aux gestionnaires des différentes forêts visitées.

J’oublie de préciser qu’on ne peut rien prélever en forêt, domaniale ou communale ou privée, ni myrtilles, ni champignons, …., ni insectes bien entendu…
La cueillette des petits fruits, fleurs ou champignons, même en quantité familiale, est une tolérance qui n’est pas acceptée par tous. Certaines communes sont contre !!


« Dernière édition: 04 Mars 2009 à 19:58:05 par admin » Journalisée
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« Répondre #10 le: 17 Février 2009 à 15:42:58 »

 Le tout à l’observation ou  à la photographie!

En quelques lignes, je vais essayer de vous faire partager mes inquiétudes, notamment à la demande de certains qui n'entrevoyaient pas toutes ces difficultés et qui m'ont demandé, après lecture de mon appel, de détailler mon message!

Parmi l’abondant courrier que j’ai reçu de Monsieur Boosten, qui depuis 1995 lance des mises en garde pour la protection efficace de notre entomofaune et des entomologistes, je vais reprendre quelques points et tenter de les expliciter!

Mon expérience des forums m’amènent d’abord à ce constat : tout le monde ne peut comme c’est le cas actuellement fournir des données fiables pour  des inventaires ou des atlas de Belgique…..dire que 250 bénévoles ont participé à l’Atlas des Lépidoptères de B m’amènent à me poser des questions et notamment celle-ci, qui assume l'homologation de ces informations?


Il apparaît par exemple sur les forums que déterminer les espèces de Pieridae de B pose déjà des problèmes et que dire des Odonates ou des Coccinelles ?

Cette vision populiste ou tout un chacun peut déterminer des insectes communs ou des plantes va poser de nombreux problèmes. Une botaniste me signalait récemment que l’Atlas des plantes de B contenait des données de plantes introduites (parfois des cultivars horticoles) dans le cadre des mesures agri environnementales : par respect pour le travail accompli par nos prédécesseurs, cela est inadmissible ! Cela pollue l’historique de nos espèces indigènes et leur répartition géographique !

Si je peux comprendre que les appels au bénévolat de la connaissance naturaliste soit un moyen de sensibiliser le grand public, c’est un outil qui doit être manié avec prudence et les données qu’il apporte traitées différemment de celles de naturalistes agréés !

De plus, les conclusions que les pouvoirs de décision tirent de ces données amènent  à la prise de mesures d’aménagement, de gestion, ou de classement qui ne sont pas exemptes d’une appréciation douteuse !

Il semble que par facilité ou besoin d’immédiat, l’environnement wallon n’est plus vu que sous cet angle et c’est très grave : des milliers d’espèces ne sont plus prises en considération !

La biodiversité ne se limite pas comme le laisse trop souvent entendre les médias qu'à quelques groupes symboliques comme les oiseaux, les papillons ou les coccinelles!

Je me suis trouvée l’été dernier sur un projet Life ou son responsable déterminait un Gomphus à 30 m, vu les discussions concernant ce genre d'Odonates sur des listes de discussion sur les forums, cela me paraît pour le moins inquiétant !

Autre problème : le fait de se balader avec un filet crée un climat d’insécurité….autrefois un entomologiste était vu comme un original, voir un farfelu mais sympa et les passants ou les fermiers s’intéressaient à son activité : les médias même ceux qui sacralisent la Nature font en sorte qu’il passe pour un assassin et que sa sécurité est menacée !
Donc s’intéresser à un groupe qui nécessite de récolter un couple d’insectes pour en identifier l’espèce est devenu criminel aux yeux de certains d’où plus de publications sur la faune de B et migration vers les pays voisins pour les sorties entomologiques !
Nous voyons aussi disparaître les Société entomologiques centenaires et leurs publications, indispensables relais entre les amateurs et les scientifiques et porteuses de la transmission de l’information naturaliste au fil du temps !

Guider une excursion devient impossible, si vous capturez un insecte, le conservateur d’une réserve vous toise de haut et que dire des autres visiteurs ?
Les excursions sont de moins en moins autorisées si les visiteurs demandent l’autorisation de prélever sur le site,  c’est parfois le seul moyen pourtant de suivre ou d'en orienter la gestion.
Maintenant même un conservateur de réserve doit demander une autorisation pour mener ces missions d’identification à bien !

De plus, sans traces matérielles d'un insecte capturé, il est impossible de vérifier l'authenticité d'une donnée zoogéographique!

L'observation ou la photographie sont des outils complémentaires utiles mais pas suffisants pour la réalisation d'inventaires fiables!
 

Camille THIRION
« Dernière édition: 04 Mars 2009 à 20:04:22 par admin » Journalisée
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« Répondre #11 le: 03 Mars 2009 à 23:11:41 »

Réponse de J.C.LEDOUX, arachnologue français, le 3/3/09

Bonjour Madame,

 J'ai lu votre message, transmis par Robert Kekenbosch. C'est effectivement un problème qui commence à se poser en France, avec certainement moins d'acuité. Caricaturalement, il y a opposition entre ceux qui n'y connaissent rien et veulent tout protéger, et ceux qui étudient les petites bêtes et veulent pouvoir tout piller. 

Note du modérateur : Il est évident que c'est plus qu'une caricature, les pilleurs ne sont pas bien sûr concernés, par notre problématique". J'ai volontairement laissé cette caricature pour bien montrer comment sont parfois considérés ceux qui font des inventaires

Actuellement, une bonne part de mon activité arachnologique consiste en inventaires de réserves naturelles. Ces inventaires se font à l'initiative des réserves, pour la connaissance de leur territoire. Les récoltes se font sous leur contrôle, sans problème, Je n'ai pas eu à faire d'inventaire de réserve assez petites pour que la quantité récoltée puisse faire problème, d'autant plus que je ne suis pas amateur de piègeages (plusieurs inventaires de réserves disponibles en pdf via http://revuearachnologique.free.fr ; allez à "chargements" et suivez les indications).
  Les problèmes que vous avez en Belgique avec les espaces protégés viennent-ils de leur étroitesse (induisant la peur de les dégrader par des récoltes) ou est-ce un problème de mentalité de ceux qui en ont la gestion? En France, beaucoup de réserve se sont créées sur la base d'études des oiseaux et de la végétation, et cet esprit tend à perdurer.
La faute n'en serait-elle pas partiellement à ceux qui étudient des afreuses petites bêtes et n'ont, dans leurs études, jamais mis en évidence leur intérêt pour la gestion des milieux? Jamais, ou pas encore? Ce n'est pas évident à faire, mais ça commence pour les araignées. Il faut continuer. Pour cela, il faut que les gestionaires d'espaces naturels en voient l'intérêt.
  Voici ce que je peux vous dire.

  Cordialement
  J.-C. Ledoux

« Dernière édition: 04 Mars 2009 à 19:55:16 par admin » Journalisée
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« Répondre #12 le: 03 Mars 2009 à 23:21:29 »

Je me demande si je ne suis pas une criminelle à la lecture du témoignage de Guy BOOSTEN?

Camille 
Suite à notre entretien

Ci-dessous extraits Pro Justitia
 

Pro Justitia Classé sans suite, comme ma plainte envers le garde.Lors de ma plainte envers le garde pour propos scandaleux et écrits envers les entomologistes scientifiques et comme me l’avait proposé l’officier de police judiciaire lors de ma plainte en retour, j’aurais pu et dû faire auditionner toute personne à décharge y compris l’IRScNB ou le ministre (attaché ?). Idem par mon garde verbalisant.

D’autre part, j’aurais également dû faire inventorier le matériel saisi et que je dois encore aller le récupérer. Pour ceux qui comme moi représente une association, je conseille vivement de prendre une assurance avocat qui se serait chargée du dossier.

En sortant de mon audition de 2 h à couteau tiré, avec mon épouse, par le garde, il m'a dit que le dossier serait ... classé sans suite ! Mais un déplacement de 50 Km ! etc.

Extrait du Pro Justitia DNF adressé à Boosten Guy dans le site de la Mer de sable d’un Safari parc africain style Thoiry français qu’il a sauvé dans les années 70. Création de 22 réserves naturelles etc.


Exposé des faits : (les doc. cités sont des documents fournis 17 pages au Procureur du roi):


… notre attention est attirée par le comportement anormal d’un individu …
Hors voies et chemins

 R : en examinant le plan du site (Doc 1), en A ou j’étais, on accède à un petit étang par un sentier d’une longueur de 20 m. Pas d’interdiction et on retrouve régulièrement du public et des cavaliersou des étudiants/parents récoltant des insectes y compris protégés ou … des batraciens . Idem en B,  où les familles viennent se prélasser sur le sable (on joue parfois au foot !) aux milieux d’insectes que j’ai fait protéger par la loi de la conservation de la nature en 1973! (Doc. 2)

Constatations : nous observons quelques minutes cet individu et constatons qu’il essaie de capturer des insectes avec une épuisette

Interpellation de l’auteur : nous interpellons l’individu …et reconnaissons le dénommé Boosten Guy … Il justifie sa présence …

Courriel de Ph. Blérot à Boosten Guy du 20 mars : « il est inutile de demander une autorisation si vous ne prélevez pas d’insectes protégés » avec Copie notamment aux supérieurs du garde. Ceux-ci n’ont pas fait la moindre remarque contradictoire depuis cette date. Donc pour Boosten Guy c’est évidemment incontournable. En outre porteur de la carte d’exploration du territoire et de la convention le liant à l’IRScNB (récoltes pour l’Institut.

Constatations (suite)

Boosten Guy est porteur d’un sac. Celui-ci contient le matériel nécessaire pour la mise à mort d’insectes, ainsi qu’un grand nombre de récipients servant au transport d’insectes. Aucun de ces récipients ne contient d’insectes.

Article 5

En l’occurrence Boosten Guy est porteur d’engins de capture.

Article 7

En l’occurrence, Boosten Guy agit sans dérogations de l’Ingénieur des Eaux et Forêts du ressort et sans que la commission consultative compétente n’ait remis un avis..(voir l’avis favorable de l’Autorité qui délivre les dérogations en ma possession !)


Devoirs complémentaires : Saisies

l’épuisette est en réalité … un filet fauchoir d’observation ou de récolte !
Un sac contenant du matériel de capture  et de mise à mort d’insectes.
Renseignements

Boosten est reconnu comme un éminent spécialiste de la détermination des coléoptères ... dixit le garde lui-même !

« Comme le souligne lui-même Boosten Guy, la détermination d’insectes vivants est très difficile. Malgré les procédés modernes (photos, macros etc.) la mise à mort est le système facilitant l’identification le plus répandu dans le milieu entomologiste et particulièrement dans la vieille génération. Les insectes protégés n’y échappent donc pas avec les conséquences que cela peut avoir sur leur population.

Si des études ciblées et utiles à la gestion d’une réserve naturelle s’avèrent indispensables, la collecte pure et simple d’insectes dans le seul but d’enrichissement de collections fussent-elles de l’Institut Royal des sciences naturelles, sont d’un autre âge. »

 

Boosten est reconnu comme un éminent spécialiste de la détermination des coléoptères (Doc. 12), mais décrit dans ce Pro Justitia comme un tueur d’insectes à sanctionner et a empêcher d’agir pour la biodiversité pour les programmes de l’IRSCNB et de la Région Wallonne (fiches SGIB et encodage Yvan Barbier  CRNFB).comme demandé par le ministre B. Lutgen via son représentant J. Renault

 

De quel droit et avec quel titre et compétences scientifiques entomologiques, se permet-on de critiquer sévèrement dans ce Pro Justitia les méthodes des entomologistes menant des inventaires fiables ne menaçant absolument pas les insectes protégés ? Idem en ce qui concerne les collections de l’IRSNB ? Voir Doc 13 et 14.


« Dernière édition: 04 Mars 2009 à 20:05:49 par admin » Journalisée
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« Répondre #13 le: 04 Mars 2009 à 20:02:22 »

En France, aussi Christine ROLLARD, arachnologue  4/03 transmis par R.Kekenbosch.

Bonjour à tous,

vous avez peut-être déjà envoyé des réactions individuelles à cette demande.
 
Mais pensez-vous aussi que nous pourrions évoquer cet aspect des inventaires lors de nos rencontres
dans le cadre d'un débat ou sous une autre forme ?
(je crois qu'un cas de verbalisation a été signalé il y a quelques semaines en France pour un entomologiste...)
 
Cordialement. Christine


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« Répondre #14 le: 09 Mars 2009 à 20:36:47 »

Le point de vue de Ph. WEGNEZ, président du Cercle des entomologistes liégeois. 9/03/09

en italique  : réserves de ADMIN-modérateur :C.Thirion!

Merci Phil, guère de "courageux" pour donner leur avis!

Camille



Bonjour,

Je veux bien me prêter au jeu de cette enquête afin d’essayer de débloquer les choses et, peut-être, d’améliorer les conditions dans lesquelles nous sommes parfois obliger de « travailler ».

Les remarques reprises sur le « formulaire » que l’on m’a transmis couvrent toute la problématique des inventaires mais doivent être, à mon avis, scindées pour pouvoir y répondre.

Avant de parler des autorisations, des refus, des contraintes, … je voudrais attirer votre attention sur le fait que les « gens », et de ce fait les autorités, ne portent pas le même regard sur un papillon, une libellule, une mouche, une guêpe ou une fourmi. Il y a donc, au départ, un aspect « sensiblerie » qui peut jouer en faveur ou en défaveur du demandeur et/ou du groupe étudié.

Pour ce qui est des autorisations !

Quel que soit son statut (chercheur, naturaliste, collaborateur d’université, …) il est normal (obligatoire) de demander une autorisation pour circuler sur un terrain qui ne vous appartient pas. Si ce terrain est de libre accès (hors réserve) il est également normal (obligatoire) de demander une autorisation pour pouvoir y prélever des plantes ou des animaux. C’est une question de bon sens, voir simplement d’éducation.

Ok pour le domaine privé mais le publique ?Quid des excursions scolaires ?

Maintenant, je pense que le problème qui se pose est de savoir à qui demander et quelles vos être les péripéties pour obtenir une réponse.
Pour ma part, je passe d’abord par les gestionnaires, la DNF, les conservateurs ou tout responsable d’une réserve. Je me présente et je décris ma demande, le pourquoi du comment


Effectivement, la demande est faite pour un inventaire fourmis et comme je l’ai dit plus haut, les fourmis font partie d’un groupe qui ne tracasse personne. 10 fourmis de moins dans une colonie, ça n’a aucun impact sur la survie même de la colonie.
Jusqu’à présent, je n’ai jamais essuyé un refus, bien au contraire. Tous les responsables qui m’ont permis d’aller prélever ces fourmis dans « leurs » réserves ont toujours été très ouverts et contents d’obtenir ces données.
Dans le cadre de mon travail, je suis allé une journée, durant plusieurs semaines, dans le sud de la Belgique et pour ne pas devoir refaire le trajet, le we, j’ai inventorier les fourmis de cette région (frais de déplacements, écologie, …). J’ai demandé à un ingénieur de la DNF pour pouvoir prospecter dans une réserve de sa région. La réponse a été positive, il m’a juste demandé de prévenir le garde responsable de ce secteur et de transmettre mes résultats. Non seulement j’ai inventorié les fourmis mais en plus j’ai découvert une nouvelle station de mante religieuse et de lézard des souches. Je pense que cela en valait la peine, pour tout le monde.
 
 Moi aussi, jamais essuyé de refus mais ce n’est pas légal, théoriquement seul le cswcn est habilité à donner ces autorisations …

Il semble maintenant que, légalement parlant, les responsables de toutes ces réserves (conservateurs, gestionnaires, DNF, …) ne peuvent pas donner ces autorisations ! Bon, peut-être. Mais qui verbalise ?? Les agents de la DNF ! Si ils sont d’accord, je ne vois pas qui va verbaliser !

C’est bien le paradoxe et selon leur sensibilité, on peut avoir des réactions diverses soit par manque de formation de leur part ou par parti pris !

Je reste également persuadé que si j’avais demandé à toutes ces personnes de pouvoir capturer et tuer des papillons, ils auraient refusé.
J’ai également introduit des demandes d’autorisations au conseil supérieur wallon de la conservation de la nature et jusqu’à présent je les ai toujours eues.
Oui c’est lourd, oui c’est embêtant mais en restant dans la limite du raisonnable (de la légalité) il me semble que les gens sont encore prêt à collaborer. Sans aucun doute !

Tout à l’observation !

Oui, bon nombre de journées grand public sont consacrées aux coccinelles, aux libellules et aux orthoptères car ces groupes sont très attractifs aux yeux du public et de détermination assez simple sur le terrain. On ne peut pas espérer sensibiliser les gens aux insectes en leur parlant de guêpes et de fourmis, hélas!

De mon expérience, pas sûr, parce qu’on leur rabat les oreilles dans les médias avec les mêmes banalités et que cela lasse ! Certains ne demanderaient pas mieux que d'élargir le champ des approches!

Pour la majorité des groupes étudiés, l’utilisation d’une loupe binoculaire est nécessaire, voir indispensable, pour réaliser des déterminations correctes. Il faut donc mettre à mort, l’insecte.

Les observateurs font tout autant de dégâts sur une station que les récolteurs,parfois plus à cause du nombre de visites ou de visiteurs, pourtant dans une réserve, les uns seront tolérés et les autres pas bienvenus !
Là, j’émets des réserves par exemple sur le site Observations.be, je vois des erreurs (Trichius, Bombus…. et sur les collaborateurs bénévoles de ce site ou des Atlas wallons, j’émets des réserves aussi même s’il y a contrôle  « à posteriori » des données.
De plus, cela va nécessairement nuire à la qualité des atlas antérieurs!
Comme le prévoyait le Logiciel de Barbier, Rasmont and co, les données doivent avoir une cote de fiabilité et comporter une distinction observation ou récolte, elles peuvent être complémentaires sans s'exclure !
En botanique, on signale des cultivars horticoles des Mae entrés sur l’Atlas des plantes !
Au vu des erreurs sur les forums simplement pour les trois piérides blancs communs, sur les odonates ou les orthoptères qui ont des phases immatures à l’état adulte, je crois que l’on rêve pour ces groupes dits aisés à identifier!
Mais comme tu le soulignes ; cela permet de découvrir des sites intéressants ou des espèces rares ou nouvelles, à condition que les compétences sur ces espèces se rendent sur les lieux pour confirmer ! S’il n’y a pas prélèvement, c’est parfois impossible !


La critique, l’incompréhension, l’injustice, …

Pour l’avoir vécu, je ne crois pas que c’est rendre service à la biodiversité que de hurler quand quelqu’un peut aller inventorier (fourmis, par exemple) dans une réserve ou ailleurs alors qu’un autre s’est vu refuser l’accès pour des carabes ou autres insectes. Il faut accepter cet état de fait. Attention aux amalgames ; la réputation, les divergences d’opinions, les règlements de compte, … tout est bon pour se voir refuser un accès à un terrain et là aussi je ne vois pas pourquoi il faudrait charger ceux qui ont eu la chance de pouvoir y aller.

Moi non plus à condition que les critères soient clairement définis !

 Il faut savoir ce que l’on veut ! Améliorer notre connaissance de la biodiversité d’un milieu ou pouvoir se « vanter » d’avoir accès partout et d’y faire tout ce que l’on veut. A méditer !

Le problème ne se posera pas en ces termes, les malandrins sont généralment identifiés par la communauté entomologique et les vrais pilleurs ne demandent pas d’autorisation !

Pour tout le reste des préoccupations et ce qui précède voici ma conclusion.
Oui, il faut pouvoir inventorier la faune et la flore car on ne peut pas protéger ce que l’on ne connaît pas. Mais je souhaiterais aussi attirer votre attention sur le fait que tout système engendre des dérives (d’un côté, comme de l’autre) et qu’il n’est pas concevable de donner carte blanche pour faire tout et n’importe quoi sous prétexte que l’on est collaborateur d’un institut ou d’un autre ou parce que l’on est celui qui fait classer des terrains en réserve, …

A mon humble si jusqu’à la première incartade avec avertissement ensuite sévir  et il ne faut pas oublier les novices qui n’ont pas de passé, d’appuis ou qui ne connaissent pas les espèces protégées ou les règles. Ici encore les étudiants qui doivent s’initier  aux composantes zoologiques ou botaniques, ils sont parfois inquiétés, que faire avec leur cas ?
 
 Il faut trouver un système qui permettrait, à tout un chacun, d’effectuer des inventaires dans toutes les zones jugées intéressantes mais sans pour autant massacrer des dizaines d’espèces sous prétexte d’inventaires.

Le mot massacre est inconvenant, même un piège n’est jamais la preuve d’un massacre, la densité des captures étant le reflet des populations existantes de chaque espèce.

Il existe en effet, dans toutes les universités, des dizaines de bocaux remplis d’insectes et autres arthropodes issus de capture par piégeage et qui sont là depuis, parfois, plusieurs dizaines d’années. Personne n’y prête attention mais les bocaux s’accumulent d’année en année. Ensuite, il y a des milliers d’insectes en collection dont on n’a plus le temps (personnel et argent) de s’occuper et qui parfois sont littéralement détruits par d’autres insectes. Pour ces deux situations, je souhaiterais aussi que l’on trouve une solution.

Ce n’est pas tout à fait exact : à l’IRScNB par exemple, tout chercheur amateur ou pro peut avoir accès à ce matériel souvent trié par ordres sans problèmes et à Gembloux aussi sur demande peut-être anticipée à l’opération de piégeage !
Il faut savoir que même si il y a perte de données, les piégeages de Dufrêne ont certainement permis d’en savoir plus sur les carabes et notamment sur les répartitions « en poche très localisée » de certaines sp. Personnellement, si Gembloux n’avait pas piégé dans le cadre du PIB, il me manquerait des tas d’espèces dans ma liste , que je ne prends jamais au filet !
On ne peut pas produire un schéma général de durée, de dates, de lieux ou de moyens, chaque groupe ayant ses spécificités :, le genre Ichneumon, je prends les femelles au piège entonnoir enterré !


En ce qui concerne les « gestions », on gère toujours en fonction d’un intérêt personnel (orchidées, libellules, papillons, …) sans se préoccuper du reste (que l’on ne connaît pas, la plupart du temps). Il est impossible d’effectuer des gestions pour le bien d’une globalité, les gestionnaires sont obligés (à tort ou à raison) de cibler un ou plusieurs groupes d’insectes et/ou de plantes pour gérer leurs réserves.

Ici, je ne suis pas d’accord, gérer n’est pas « jardiner »,il faut voir un milieu dans sa globalité comme un témoin d’une portion de l’espace sauvage à prendre en considération, et je ne vois d’intérêts pour une réserve que si elle s’intègre dans le cadre d’un parc naturel !
Exemple que je viens de vivre : Mochamps,LIFE les projets nuisent à un nombre d’espèces que je tenais à l’œil depuis vingt ans, parce que l’on privilégie certains groupes ou espèces ! Je parie que la faune des odonates liées au ruisseau qui traverse cette travée a vu sa composition modifié par la mise en lumière sur plusieurs kms.
J’ai constaté la même chose à Sossoye, Montagne noire, c’est difficile à quantifier ou à qualifier, je sais ! Gérer pour une espèce ou un groupe n’est pas un solution à mes yeux car on n’en arrive à ne plus protéger que des pelouses sèches, des friches humides ou des vieilles forêts selon les thèmes du moment!


Pour finir, je dirais qu’un système est en place et qu’il faut lui faire confiance car même s’il est loin d’être parfait, il sert néanmoins de garde fou à toutes sortes de dérives. Il faut compter (peut-être utopique) sur le bon sens des conservateurs, des agents de la DNF, … pour nous permettre, dans certains cas, de faire ce qu’il faut pour améliorer nos connaissances de cette biodiversité dans la limite du raisonnable.

De mes rencontres dans le milieu forestier, il y a des interlocuteurs formidables mais rarement entendus et des autres !

Ces propos n’engagent que moi et il va de soit que des solutions pourraient être trouvées à condition que ce soit aussi le souhait de l’administration responsable.

Je pense qu’il y a une ouverture et leurs agents sont aussi perplexes que nous devant les lois existantes !

Cordialement
Philippe WEGNEZ
« Dernière édition: 19 Mars 2009 à 17:10:08 par admin » Journalisée
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