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Auteur Fil de discussion: Dynamiser la pêche en Wallonie  (Lu 4358 fois)
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« le: 23 Novembre 2010 à 00:18:17 »

Dynamiser la pêche en Wallonie ! Sillon belge, 19.XI.2010

Réflexion sur « Le fonds Poseidon », Sillon belge, 9 juillet 2010

Cela fait près de soixante ans que j’use mes bottes au bord de nos cours d’eau.
Les écoles de pêche sont l’œuvre de bénévoles très dévoués qui voudraient faire partager leur passion. Si l’idée est de combler les défections actuelles de la relation intergénérationnelle, elle est à louer !
Trop souvent la promotion de la pêche est sous-jacente à la promotion commerciale des marchands d’articles de pêche, de la promotion du tourisme, combien de futurs pêcheurs après ces stages ou Journées de la pêche sont venus me trouver pour me demander où pêcher, quoi, quand et comment se servir de leur matériel rutilant et coûteux, je suis bien embêtée, je ne parle pas la seconde langue.
Autrefois, grand père, oncle, frère aîné, voisin retraité emmenaient les plus jeunes au bord de l’eau. C’est ainsi que la plupart d’entre nous ont découvert les joies de la pêche.
Maintenant, le relais entre l’école de pêche et l’accompagnement fait défaut !
Peu de pêcheurs au bord de l’eau, encore moins des jeunes, pourquoi ?
C’est un peu court d’insinuer que les « nouveaux loisirs » sont seuls facteurs déterminants à cette situation !

Que peut-on incriminer dans cette situation ?

D’abord l’accès au bord de l’eau, la plupart des lieux sont difficilement accessibles, parkings absents, éloignés, chemins embroussaillés, noyés par des ornières infranchissables ou seulement praticables en 4x4, pas d’aires de manœuvre en bout de chemin, marche arrière forcée, clôture cadenassée !
Les embarcadères de kayaks occupent les derniers lieux  qui présentaient ses facilités d’accès !
En Meuse, murs abrupts, quatre mètres de haut avant le plan d’eau, ailleurs d’énormes blocs de soutènement infranchissables à partir d’un certain âge, embarcadère ou stationnement pour la plaisance près des villes ! Chemins de halage fermés entièrement à la circulation.
Mais le « Ravel » passe derrière vous vous empêchant de disposer de recul pour la canne en cas de prise.
La France maîtrise beaucoup mieux cela, il suffit de franchir la frontière pour en prendre conscience !

Clôtures trop près du lit, ou ravinement cachant des pièges pour petits et grands en cas d’éboulement. Barrière d’accès acrobatique ou taureau en pâture ne sont pas rares.
Privés clôturant  la rive avec un molosse dans l’enceinte.
Pour ceux qui le désirent, le placement d’un ponton et surtout la certitude de pouvoir l’utiliser n’est pas garantie malgré la licence, on ne peut empêcher quelqu’un d’occuper votre place !
Les pâtures riveraines sont envahies de « Rave-party » bruyantes, de barbecues trop arrosés même les familles ne peuvent plus trouver leur compte sur les rives !
Les passerelles sont en ruine, les gués malmenés par les charrois ou les quads, sans parler du rafting dans certains coins.

Vous comprenez peut-être mieux pourquoi un « ancien »  a peine à jouer son rôle d’initiateur !

Sécurité

Les véhicules éloignés de votre regard sont régulièrement l’objet de vandalisme ou de vols.
Pour les plus jeunes ou les seniors, le long des fleuves, la hauteur des digues est un handicap et un danger, plus de rampes comme autrefois ou même d’escalier à distance raisonnable.
Les rencontres pas souhaitées ne sont pas rares et parfois des interpellations grossières ou menaces par d’autres utilisateurs du cours d’eau et parfois à l’encontre des représentants de l’autorité.

Législation

La législation est complexe, inapplicable et même inappliquée !
Permis avec des restrictions désuètes, périodes de pêche et horaires, circulation dans l’eau, appâts, espèces à certaines périodes, peu de contrôle même sur les braconnages à caractère commercial comme le prélèvement de vairons, d’alevins, ravitaillement de campings pour l’escavèche!
Par contre, un vieux pêcheur ne pourra mettre à l’eau une bouteille à vairons pour sa provision de vifs pour la journée !

Les horaires du kayakisme à revoir, impossible de pêcher durant une bonne partie de l’année dans le créneau horaire préconisé !
Les tronçons affectés à ce sport devraient être mobiles tous les six ans, maintien d’une meilleure biodiversité et respect de chacun des hôtes ou riverains des cours d’eau.
Parfaitement possible, il suffit de voir avec quelle rapidité, l’ouverture de nouveaux  tronçons est opérationnelle !

Maintenance et gestion

Désormais, l’automne est la période privilégiée des grands travaux, on ne dérange pas le tourisme, mais le pêcheur se voit gratifier d’eau chargée d’alluvions et impraticables.
La rivière fait l’objet d’aménagements injustifiés très perturbateurs tant pour la faune que la flore ou les pêcheurs tant du point de vue qualitatifs, uniformisation des fonds ou des rives que quantitatifs, longueur des tronçons travaillés dépassant les nécessités d’un  obstacle local à rectifier.
Parfois ces travaux ne servent qu’à des intérêts privés, campings, routes d’accès à des résidences secondaires, embarcadères, circulation de kayaks, marchands de galets ou de gravier !
Les Contrats de rivière ne sont guère attentifs à cela, trop préoccupés par les plantes invasives de nos rives, ou sous la pression des communes que seules les implications touristiques intéressent !
La problématique du cormoran est préoccupante mais où est la solution?
La politique du rempoissonnement n’est basée que sur des espèces cibles convoitées par le tourisme local et non sur le maintien de la biodiversité.

En conclusion

Le tableau n’est pas bien réjouissant, je prends chaque année mon permis comme si j’étais amputée d’une partie de moi-même sans lui dans ma poche, mais j’ai de plus en plus de  mal à fréquenter les rives, j’enlise ma voiture, je circule avec peine sur mes tronçons pourtant très connus, la diversité des « niches écologiques » est réduite chaque année, je ne retrouve plus de confrères que rarement !
La crise n’arrangeant rien, mes confrères du Nord renâclant sur  les kilomètres coûteux !

Parfois je rencontre un jeune tellement passionné qu’il refuserait les vacances familiales pour me tenir compagnie sur mon lieu de pêche, je voudrais tant soutenir son enthousiasme mais ce qui se passe au bord de l’eau,  en contradiction avec le discours traditionnel du ministre en charge lors de l’ouverture de la pêche, me laisse bien soucieuse.
Dynamiser la pêche, ce ne se réduit pas non plus à favoriser quelques intérêts commerciaux locaux mais il fait avoir un regard portant sur un avenir plus lointain et plus durable !

Camille Thirion



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