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Auteur Fil de discussion: Grands courants en matière de Conservation de la Nature, les risques!  (Lu 5573 fois)
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« le: 26 Mai 2009 à 15:46:37 »

Bulletin de Pâques, réaction naturaliste ! publié dans le Sillon belge du 22/05/09

Que dire sur cette réaction compréhensible de Marc Assin dans Voix de la terre (Sillon belge du 17 avril) ?
Merci Marc Assin de m’avoir donné le courage d’exprimer dans ces pages un sujet qui me trottait dans la tête depuis longtemps mais je craignais qu’il ne sorte des préoccupations du monde rural !

Les vieux vergers

Cet arrachage me surprend un peu même sans connaître le verger, je sais qu’il existe un fort courant dans la région de Herve pour la protection et la restauration de ces vestiges, notamment en la personne de J. Deleval, botaniste éminent, très actif dans ce coin de terre !

C’est vrai qu’il y a un manque de dialogue entre le monde rural et celui de la protection de la Nature !
Cependant, je pense que pour le monde rural, il est impossible d’ignorer que les haies, les arbres isolés dans le paysage, les vieux vergers, les bosquets sont des éléments paysagers qui ont une importance dans le maintien de la biodiversité, mais pas seulement, ces éléments sont de précieux abris pour nombre d’auxiliaires de l’agriculture ! Et en plus, il y a souvent des primes pour le maintien de ces éléments !

Les grandes directives

Natura 2000, Projet Life, ….un agriculteur, un forestier peuvent comprendre qu’on leur montre un coin riche en biodiversité dans leur propriété (souvent, il la connaît déjà), pas que l’on puisse lui appliquer des mesures draconiennes pour une espèce de bestiole ou de plante !
Personnellement, je ne crois pas à des résultats spectaculaires de la part de ces grands schémas cadres, je l’ai déjà dit : lourds à mettre en marche, suspects à l’égard du monde rural  d’intrusion, difficiles à contrôler, vus parfois seulement comme un possible octroi de primes pas négligeables en ce temps de crise !
Je ne suis pas sûre non plus de l’impact des MAE exception faite de zones encore riches en éléments paysagers encore relativement « sauvages » : entre Sambre-et-Meuse, Famenne, Gaume où le bocage est encore bien présent ! Les approches de Natura 2000 font autant de dégâts en laissant des pans entiers de la biodiversité dite ordinaire dans l’ombre à moins, ironie que ce soit le meilleur moyen de les protéger!
Les projets Life orientés par exemple sur les papillons de jour, qui soit dit en passant sont autant menacés par les changements climatiques qui entravent leur hivernage que par d’autres causes, ignorent tous les autres groupes botaniques ou zoologiques présents sur les aires de leur projet.

L’approche Natagora

J’ai beaucoup d’admiration pour le travail de sensibilisation, pour la communication, pour la création de réserves ou leur gestion que Natagora effectue!

J’ai cependant un gros reproche à faire, pourquoi des thèmes souvent sur une période relativement brève ? Chaque fois que je le soulève, j’ai cette réponse : «  on ne peut être  au four et au moulin » c'est-à-dire actif sur tous les thèmes !


Un peu d’histoire

L’approche de Natagora provient d’un fait historique, à la base, ses pionniers sont d’abord des ornithologues !
Autrement dit, ils travaillent dans un réseau très étoffé d’observateurs répartis sur tout le pays et avec un nombre restreint d’espèces généralement identifiables par l’observation ! Ces ornithologues travaillent avec des méthodes d’inventaires et d’analyses statistiques qui leur sont propres et inapplicables aux autres groupes zoologiques !

Danger de la méthode

Progressivement, ils ont appliqué ces méthodes, dérivées de l’ornithologie, aux chauves-souris, aux batraciens, aux papillons, aux libellules, aux « sauterelles », aux coccinelles en choisissant des groupes zoologiques fascinants, mystérieux ou sympathiques….ce n’est pas la biodiversité comme je la conçois : je lui préfère le regard sur un ensemble naturel diversifié !
Désormais, ils ont lancé aussi un programme de récoltes de données basé sur l’observation sur le terrain et ce pour des groupes déjà difficiles à identifier sous la loupe !
J’y participe aussi mais en toute connaissance de cause, je connais les limites de ces inventaires !
Il faut aussi savoir que l’observation ne permet pas à elle seule d’établir efficacement le statut d’une espèce ou son évolution en Belgique.
De la seule  méthode de l’observation de ces groupes zoologique élus, on déduit que seules les pelouses sèches, les prairies humides, les vieilles forêts ont de l’intérêt, on leur appliquera des méthodes de gestion très encadrées et très standardisées !
Tout le reste ou presque n’intéresse pas ces groupements de « protecteurs de la Nature », ils ne sont pas susceptibles de rapporter des subsides ou de créer des emplois !

De l’application de ces  lignes directrices  de gestion, je schématise ou je caricature diront certains : protections des lisières, des haies, création de mares, tontes des pelouses sèches par les moutons ou entretien des zones humides par les chevaux, toutes les espèces présentes n’y trouvent pas leur compte !
Souvent le nombre d’espèces autrefois présentes sur ces sites chute, car ce type de pâturage n’a rien à voir avec les pâturages ancestraux !

Grande échelle,

Natagora travaille à grande échelle, encourant le risque de voir des réserves naturelles péricliter : les objets de motivation de leur classement, plantes, insectes, animaux  peuvent ne plus rencontrer les conditions de leurs exigences écologiques faute de suivi ou  de gestion.
Les grandes associations  font un usage massif des médias, en flattant au passage l’action  des pouvoirs de décision, c’est de « bonne guerre » mais le danger, c’est de se retrouver en face de la « pensée unique » !

Tentation

Autre travers, pour une commune même avec une commission Nature en son sein, il est plus facile de faire usage de ces grandes directives ou de ces grands projets, personnel expert et de gestion, subsides en découleront sans peine !
De mon expérience dans ces commissions, j’ai attiré l’attention sur de petits cas concrets, aménagement des chemins forestiers, entretiens des fossé et talus qui ne coûtent rien si ce n’est un léger changement des pratiques, aucune chance d’être entendu mais un projet Life qui va massacrer les épineux source de butinage des Abeilles solitaires de printemps sur pelouse sèche « aura l’oreille » des autorités communales.

Monopole

Marc Assin nous dit : « Natagora pèse lourd dans la politique gouvernementale », n’oublions pas que c’est pratique pour un ministre de n’avoir qu’un interlocuteur donc guère d’opposition dans ses projets et de s’assurer de son appui à coup de subsides !
Ici aussi, ce monopole empêche de s’exprimer tout autre courant en matière de sauvegarde de la Nature ! De petites associations sont disparues, absorbées par ce courant monopolisateur, ils travaillaient pourtant à petite échelle sans grands effets médiatiques mais efficacement !

Sacralisation de la Nature

La sacralisation de la Nature que pratique ces grands courants,  est populiste et entraîne l’adhésion du grand public qui ne rend pas compte de ses effets dramatiques sur les scientifiques parfois amateurs bénévoles qui depuis des siècles édifient patiemment l’historique de notre patrimoine naturel ! Tuer un insecte, souvent nécessaire pour l’identifier sous la loupe binoculaire, un crime, le mettre en collection pour avoir un témoin vérifiable plus tard, l’horreur !
Nous nous rendons compte que nous ne pouvons plus prélever un insecte en forêt en quittant un sentier, nous sommes devenus des assassins, travaillant en parfaite illégalité, ainsi des groupes entiers vont connaître une lourde perte des connaissances dans leur histoire. Même un conservateur qui a édifié un cahier des charges pour classer une zone naturelle doit demander une autorisation pour poursuivre ses investigations. Ici, on peut plus encore parler d’abus de position dominante de la « pensée unique », celle du tout à l’observation!

Les PCDN

Je me suis rendue à une après-midi d’étude organisée par les villes et communes !
Qu’est-ce qui me frappe quand je regarde ces Plans communaux de développement Nature !
De nouveau, de grands schémas cadres basés sur quelques lignes directrices émanant d’un certificat complémentaire d’une grande université, des grandes directives ou d’un bureau d’étude renommé : en pratique le PCDN de Laroche, de Hotton, ou Habay-la-neuve se ressemblent étonnamment !
Je préférerais voir se concerter des agriculteurs, des forestiers, des naturalistes, des chasseurs, des pêcheurs, des éco-conseillers motivés du coin, quelque soit leur niveau, en excluant de préférence dans un premier temps les accents économiques lors des discussions, plutôt que de voir appliquer ces schémas cadres issus d’un inventaire sommaire des richesses du coin réalisé par des  « étrangers ou des externes ».
Le danger à mes yeux, de ces grandes directives et du monopole de la pensée unique, c’est la banalisation de notre faune, de nos paysagers et de notre flore et l’oubli de richesses naturelles peut-être plus banales  mais qui ont plus de chances de se pérenniser si on leur accorde un peu d’attention !











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« Répondre #1 le: 14 Août 2009 à 21:23:57 »

Les PCDN sont très différents d'une Commune à l'autre !
Celui de ma Commune fut une vaste fumisterie mais d'autres sont des espaces dans lesquels les naturalistes peuvent se retrouver et s'exprimer !

Faut essayer !
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« Répondre #2 le: 14 Août 2009 à 21:42:29 »

Bien d'accord mais on ne fait guère confiance aux naturalistes qui travaillent bénévolement!
Le communes demandent toujours aux mêmes bureaux d'étude de faire les études onéreuses, inventaires, de définir les plans d'action....ce qui entraîne selon les dadas des conseillers une certaine uniformité dans les propositions...ce qui m'inquiète profondément!
« Dernière édition: 14 Août 2009 à 21:44:54 par admin » Journalisée
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