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Auteur Fil de discussion: Réponse de Monsieur le Ministre B. LUTGEN/4.05.09  (Lu 3229 fois)
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« le: 06 Mai 2009 à 11:43:54 »

Chère Madame Thirion,

 

Votre courrier électronique m’est bien parvenu et a retenu ma meilleure attention.

 

Je vous remercie de m’avoir fait part de vos idées au sujet de la pêche.

 

La politique que je mène en matière piscicole est basée sur une pêche durable, respectueuse de la nature.

 

En ce qui concerne l’accessibilité des lieux de pêche, la maison wallonne de la pêche a notamment pour mission, en collaboration avec le Ministre compétent en matière d’équipements, Monsieur Michel DAERDEN, d’améliorer l’accessibilité en question. Les premières réalisations sont désormais prêtes à accueillir les pêcheurs en Basse Meuse Liégeoise.

 

Quant à vos remarques relatives à l’entretien des cours d’eau par la Direction Générale Opérationnelle Mobilité et Voies hydrauliques, les différents  services publics wallons travaillent en parfaite collaboration, ce que par ailleurs vous préconisez. La Direction Générale Opérationnelle Agriculture, Ressources naturelles et Environnement travaille de concert avec la Direction Générale Opérationnelle Mobilité et Voies hydrauliques, permettant ainsi de toujours veiller au respect de l’environnement.

 

Au sujet des effluents ménagers ou agricoles dont vous faites état, j’ai lancé un vaste programme d’investissements visant à protéger et assainir les eaux pour un montant total d’un milliard d’euros. Pour la première fois en Région wallonne, les priorités ont été redéfinies sur base de critères environnementaux (conservation de la nature, des eaux de baignade et protection de nappes d’eau potabilisable). J’ai décidé de préfinancer l’égouttage à travers un contrat d’agglomération, signé par 250 communes wallonnes. Quant au taux d’équipement de la Région wallonne en matière de stations d’épuration, il est actuellement proche de 85%, soit une augmentation de 25% en 4 ans.

 

Quant aux usines et entreprises aux abords des cours d’eau, j’ai pris des mesures drastiques afin qu’elles ne dégagent pas de matières polluantes dans nos cours d’eau. Je les ai notamment invitées à faire appel à des éco-conseillers afin de réduire leurs émissions. J’ai par ailleurs instauré une taxe dissuasive sur le déversement d’eaux usées industrielles. Alors que les charges polluantes atteignaient 91% en 1994, elles n’étaient plus que de 37% en 2008. Il nous faut cependant poursuivre nos efforts afin de protéger la biodiversité.

 

Cette taxe est l’exemple même de la stricte application du principe de pollueur-payeur. J’ai mis en place une hiérarchisation stricte et détaillée des incivilités et crimes environnementaux accompagnée de peines proportionnelles à la gravité des  faits. C’est grâce à cette législation, que par exemple, la société Chimac-Agriphar a réparé les préjudices causés à la nature et doit désormais se soumettre à des normes encore plus strictes en matière d’environnement.

 

Les incivilités que vous décrivez telles que l’abandon de déchets sont également sévèrement punies puisque seule une sanction immédiate apprendra le respect à la minorité des citoyens qui pollue l’existence des autres. Les sanctions sont effectives, dissuasives et proportionnelles à la gravité des actes commis et sont hiérarchisés en quatre catégories. Les peines sont à présent harmonisées à l’échelon régional. Un fait commis à Gembloux sera santcionné de façon identique s’il est réalisé à Liège ou à Charleroi. Par ailleurs, la sanction est immédiate puisque le paiement d’un montant transactionnel est demandé sur le champ par les agents constatateurs locaux ou régionaux, qui sont tous pourvus d’une mission de police judiciaire. Au total, pas moins de 1.300 agents sont habilités à faire appliquer ce décret.

 

Contrairement à ce que vous pensez, le rempoissonnement d’un cours d’eau suit une procédure claire, précise et objective. Un cahier des charges doit parvenir au service de la Pêche du Département de la Nature et des Forêts qui étudie le bien-fondé d’un rempoissonnement, les espèces à repeupler conformément au milieu et le moment auquel cela doit se faire. Par ailleurs, dans le cas de Chimac-Agriphar, le plan de restauration et de repeuplement a été élaboré en concertation avec la Fédération royale des pêcheurs de la Basse-Meuse liégeoise.

 

Au sujet des permis de pêche, la réglementation en la matière est stricte et précise évitant ainsi les potentiels abus dont vous faites mention. Par ailleurs, mon administration tout comme de nombreuses associations ont à cœur d’informer, de sensibiliser et d’accompagner les nouveaux pêcheurs pour favoriser une pêche durable en parfaite harmonie avec la nature.

 

Le volet éducatif est crucial mais il s’avère parfois nécessaire d’y ajouter un volet répressif afin de protéger la nature. Les agents ne lèvent nullement le pied. De nombreuses opérations de contrôle de grande envergure sont menées par le Service de la Pêche du Département de la Nature et des Forêts en collaboration avec les Cantonnements forestiers concernés ainsi que l’unité anti-braconnage et l’Unité de répression des Pollutions que j’ai mise en place. Je veille à ce que mon administration fasse respecter la législation et je ne tolère aucune exception.

 

Quant aux Contrats de rivières, le principe même de ce contrat consiste à mettre autour d'une même table tous les acteurs de la vallée, en vue de définir consensuellement un programme d'actions de restauration des cours d'eau, de leurs abords et des ressources en eau du bassin. Sont invités à participer à cette démarche les représentants des mondes scientifique, associatif, politique, administratif, enseignant, socio-économique,… Les naturalistes ou les sociétés de pêche sont donc cordialement invitées à participer aux Contrats de Rivières. Le Département de la Nature et des Forêts d’ailleurs est, lui aussi, partie prenante des contrats de rivières.

 

Concernant les pièges dont vous faites mention afin de capturer des rats musqués, le Centre de Recherches agronomiques de Gembloux a démontré que l’appât carotte est un moyen non tonique efficace.

 

Au sujet de la circulation des kayaks, j’ai récemment pris des mesures qui ont pour double objectif de permettre à tous les utilisateurs de kayak de circuler en toute sécurité tout en conservant des relations harmonieuses avec les pêcheurs. Cet arrêté réglementant la circulation de kayaks et des autres embarcations sportives sur les cours d’eau à partir du 1er juillet 2009 est d’ailleurs le fruit d’une concertation avec les pêcheurs.

 

Quant à vos réflexions relatives au Conseil supérieur wallon de la pêche, celui-ci est composé de représentants du monde scientifique, du secteur associatif, des Commissions ou Conseils consultatifs et de l’Administration. Il est donc constitué de 4 pisciculteurs, de 2 scientifiques, de 2 naturalistes du Conseil wallon de la nature, 1 personne du tourisme et de nombreux représentants de la pêche à la truite, au coup, à la mouche, à la carpe, au carnassier et de la pêche de compétition. Il me semble pouvoir dès lors affirmer que le Conseil supérieur wallon de la pêche est constitué de « représentants dont la sensibilité est aiguisée », pour reprendre vos termes.

 

Je suis étonné par votre réaction au sujet de l’obligation d’être inscrit à une société de pêche. Cette décision a pourtant été prise avec l’assentiment de l’ensemble des Fédérations de pêcheurs.

 

Au sujet du projet PESCALIS, le Centre d’interprétation de la rivière d’Hotton a fait appel à une société qui avait déjà mené un projet d’envergure en matière piscicole. Je crois en l’importance d’échanges inter-régionaux et internationaux pour autant que la spécificité de chaque région soit respectée. A la différence du projet PESCALIS en France, il s’agit d’un projet plus diversifié concernant à la fois l’Ourthe et des plans d’eau. Il s’agit donc de lieux qui étaient déjà auparavant destinés à un grand public. Contrairement au projet français, celui-ci est plus humain et moins artificiel puisque le projet ne consiste pas en la clôture des étangs, la multiplication de restaurants et de boutiques de souvenirs.

 

Pour finir, au sujet de la circulation de quads, j’ai fait adopter le 15 juillet 2008 le nouveau Code forestier de la Région Wallonne. Il est l’instrument du respect de la quiétude et de la sécurité demandé par les usagers doux. A travers le nouveau code, j’ai voulu que la forêt, en tant qu’espace public, soit respectée. En conséquence, j’ai interdit la circulation des quads. Seule la circulation de quads disposant d’une dérogation obtenue sur base de critères stricts et objectifs pour un événement particulier est possible.
En espérant avoir répondu à l’ensemble de vos réflexions, je vous prie d’agréer, chère Madame Thirion, l’expression de ma considération distinguée.

Benoît LUTGEN

« Dernière édition: 12 Octobre 2009 à 19:47:39 par admin » Journalisée
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